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francophone - Page 4

  • Depuis 12 ans…le persil

    Revue, francophone, Suisse, Roumanie, Marius Daniel Popescu, Jean-Pierre LongreLe persil, numéros 121 à 126, automne 2016  

    Sous la responsabilité inaltérable de Marius Daniel Popescu, le persil continue à s’épanouir sur des plates-bandes éditoriales de plus en plus larges, « parole et silence » confiés à des auteurs aussi divers que prometteurs. Coup sur coup, deux numéros triples d’une grande richesse.

    Numéros 121-122-123 (septembre 2016) : textes inédits, nouvelles, extraits de romans, poèmes de Louise Anne Bouchard, Ivan Farron, Marc Agron Ukaj, David Collin, Arthur Brügger, Michel Layaz, Françoise Matthey, Marie-José Imsand, Joseph Incardona, Isaac Pante, des « instantanés » de Marius Daniel Popescu lui-même et des vers de l’excellent poète Paul Vinicius traduits du roumain par Radu Bata et accompagnés d’une notice biographique. Un bref exemple, particulièrement adapté : « On ne mange pas la poésie / avec des couverts d’argent / elle se laisse grignoter / avec la main. ».

    Numéros 124-125-126 (octobre 2016) : livraison entièrement consacrée à François Rossel (1955-2015), poète et éditeur passionné à Lausanne. Des articles, des adresses en prose, des poèmes, des illustrations… Un bel hommage rendu par ses amis des Éditions Empreintes Alain Rochat et Olivier Beetschen, et par beaucoup d’autres personnes.

    Avec constance, brillamment, savoureusement, c’est de la vraie littérature que les lecteurs francophones doivent à la Roumanie et à la Suisse conjuguant leurs talents.

    Jean-Pierre Longre

    www.facebook.com/journallitterairelepersil

    mdpecrivain@yahoo.fr

    lepersil@hotmail.com

  • Isidore Isou traduit en roumain

    Isidore Isou, Revolta Tineretului, éditions AcquAvivA, hors-série n°6, 1€, 1£, 1$, 1 RON

    Présentation :

    Le critique d’art et commissaire d’exposition Igor Mocanu vient de traduire pour la première fois un texte d’Isou en roumain (en dehors de “Adorable Roumaine”, seule traduction disponible du vivant d’Isou!). Il s’agit de la sixième traduction après l’anglais, le suédois, l’allemand, l’italien et le chinois du “Premier Manifeste du Soulèvement de la Jeunesse”, écrit par Isou en 1950 et publié sous la forme d’une affiche à coller sur tous les murs de la planète.

     

    commandes à : acquavivafrederic@gmail.com

    Link: http://www.mauricelemaitre.org/~pfs/fr/isidore-isou-traduit-en-roumain/

    Information d'Igor Mocanu http://igormocanu.wordpress.com/

  • « Syntaxe du silence »

    Poésie, francophone, Roumanie, Horia Badescu, L’Arbre à paroles, Résidences,  Jean-Pierre LongreHoria Badescu, Le poème va pieds nus, Résidences de l’Arbre à paroles, 2016 

    Le nouvel ouvrage de Horia Badescu est composé de trois recueils : « Le poème va pieds nus », « La trace de l’oiseau » et « Les poèmes mosans ». Si chacun a sa dominante propre (disons l’art poétique pour le premier, la nature et le corps pour le second, la « Wallonie, terre de poésie » pour le troisième), l’ensemble est traversé par des motifs communs qui permettent un cheminement sensible parmi les vers. En particulier un motif double, un couple indissociable qui mène le cortège de la vie et de la mort : la parole et le silence, voire le « silence de la parole ».

                                          « Les mots sont miens :

                                          je suis leur silence

                                          dans ton âme. ».

    Une parole libérée et un silence éloquent qui n’excluent pas les évocations du corps, de la chair, de la nature animale ou végétale, qui n’excluent pas, parfois, la violence de l’expression et le constat de la désolation du néant.

                                          « Allume en toi

                                          le silence !

                                          tu verras tout autour

                                          les ossements des paroles,

                                          les vestiges du big-bang

                                          de chaque jour. ».

    Et si le volume, d’un recueil à l’autre, peut se lire en un seul et vaste élan, chaque poème, dans son parcours individuel et dans sa marche « pieds nus » sur la page, est, comme « chaque jour », unique, formant un univers à lui seul :

                                          « dans combien de dimensions

                                          vit le poème ? ».

     

    Jean-Pierre Longre

    www.maisondelapoesie.com  

  • Revues de printemps

    Entre France et Roumanie (en passant par la Suisse), quelques numéros de revues viennent de paraître, que l’on ne peut que recommander.

     

    • Le n° 19 des Cahiers Benjamin Fondane (2016) est consacré d’une part à des « relectures du Mal des fantômes, d’autre part à un dossier sur « Fondane lecteur », toujours sous la direction de Monique Jutrin.

    Revue, poésie, francophone, Roumanie, Benjamin Fondane, Marius Daniel Popescu, Le Persil, Ghérasim Luca, Europe

    Sommaire :

    Voir www.benjaminfondane.com/les_cahiers-la_liste-0-1-1-0-1.html

    Sur Le bal des fantômes, cliquez ICI 

     

    Le Persil, que Marius Daniel Popescu et ses amis publient sans relâche, et dans les vastes pages duquel ils laissent libre expression à des poètes, des écrivains, des artistes de tous horizons.

    Revue, poésie, francophone, Roumanie, Benjamin Fondane, Marius Daniel Popescu, Le Persil, Ghérasim Luca, Europe

     

    • N° 106-107-108 (automne 2015) : « Parce qu’à deux, c’est mieux. Textes courts et arts graphiques ». (« De l’encre à l’encre, des mots aux traits »). « Quarante-huitb auteurs et artistes qui font la paire et dialoguent librement entre texte et image ».
    • • N° 109-110-111 (hiver 2015-2016) : « Atelier d’écriture à la Fondation du Levant de Lausanne », avec les « contributions de trois écrivains consacrés : Bertl Galland, Daniel Abimi et Jean Chauma ».
    • N° 115-116-117-118 (mars 2016) : « Poésie », « numéro quadruple qui contient de la poésie sous toutes ses formes, inédite et écrite par soixante-huit auteur-e-s de Suisse romande réuni-e-s à l’occasion du Printemps de la Poésie ».

    Revue, poésie, francophone, Roumanie, Benjamin Fondane, Marius Daniel Popescu, Le Persil, Ghérasim Luca, Europe

     

    Voir : www.facebook.com/journallitterairelepersil

     

    Revue Europe n° 1045 (mai 2016) : Numéro consacré à Ghérasim Luca

    Revue, poésie, francophone, Roumanie, Benjamin Fondane, Marius Daniel Popescu, Le Persil, Ghérasim Luca, Europe

    Présentation :

    « Né en 1913 à Bucarest, Ghérasim Luca parlait roumain, français, allemand et yiddish. En 1962, dix ans après son installation à Paris, il notait pour lui-même cette proposition paradoxale et forte : « Je suis l'Étranjuif ». Il attendit en effet la fin des années quatre-vingt pour abandonner son statut d'apatride, obligé qu'il était de régulariser ses papiers d'identité. Son suicide, le 9 février 1994 dans la Seine, est venu comme rappeler non seulement qu'il se considérait comme définitivement « hors la loi », mais aussi qu'il avait toujours dansé sur la corde. Ses œuvres pleines de sa vie et sa vie entièrement consacrée à ses œuvres en témoignent toujours puisque sa danse continue à entraîner, à encourager et même à enflammer ici et ailleurs, à la fois douloureusement et de manière jubilatoire, en inventant multiplement « une littérature impossible de tous côtés ». Ghérasim Luca est bien un de nos grands intempestifs ! Surréaliste roumain, fabricant de « cubomanies » et de livres d'artistes méticuleusement réalisés, ami de Victor Brauner, de Wifredo Lam et de quelques autres peintres majeurs, poète sonore ou plutôt « récitaliste » faisant de la voix un prolongement du corps, Ghérasim Luca ne peut en réalité s'accorder avec une telle addition que d'aucuns compléteront forcément… sans jamais pouvoir en faire le tour.  Car ses œuvres et sa vie sont placées sous le signe d'un perpétuel débordement. Elles font un tourbillon dans le fleuve de notre devenir, tant du point de vue du poème que plus généralement des arts et du langage.

    « Le plus grand poète français, mais justement il est roumain, c'est Ghérasim Luca », disait Gilles Deleuze. À ses yeux, Luca était de ceux qui inventent «  des vibrations, des rotations, des tournoiements, des gravitations, des danses ou des sauts qui atteignent directement l'esprit ». Amour, humour, politique, éthique et poétique étaient indissociablement liés chez ce forgeur sauvage et subtil qui écrivait : « tout est irréalisable dans l'odieuse / société de classes, tout, y compris l'amour / la respiration, le rêve, le sourire / l'étreinte, tout, sauf la réalité / incandescente du devenir ».

    Serge Martin, Ghérasim Luca, Pierre Dhainaut, Thierry Garrel, Monique Yaari, Bernard Heidsieck, Bertrand Fillaudeau, Charles Pennequin, Patrick Beurard-Valdoye, Joël Gayraud, Sebastian Reichmann, Nicole Manucu, Anne Foucault, Jean-Jacques Lebel, Iulan Toma, Vincent Teixeira, Dominique Carlat, Sibylle Orlandi, Charlène Clonts, Laurent Mourey, Patrick Fontana, Alfredo Riponi, Alice Massénat. »

    CAHIER DE CRÉATION / ÉCRIVAINS ROUMAINS

    Gabriela Adameşteanu, Dan Lungu, Florina Ilis, Norman Manea, Marius Daniel Popescu, Nora Iuga.

    Cahier conçu par Jean-Yves Potel et Gabrielle Napoli.

    Voir : www.europe-revue.net/sommaire-mai.html

    Voir aussi: http://livresrhoneroumanie.hautetfort.com/archive/2016/05/16/l-or-des-mots-5801407.html 

  • L’or des mots

    Poésie, francophone, Roumanie, Ghérasim Luca, José Corti, Jean-Pierre LongreGhérasim Luca, La paupière philosophale, José Corti, 2016  

    Chez Ghérasim Luca, la parole poétique plurielle et singulière, fragmentaire et fluide. On le constate dans tous les recueils à la fois issus du surréalisme et tendus vers la poésie sonore, l’expérimentation et la performance, composés de textes dans lesquels les mots sont plus que des mots : des objets saturés de sons et de sens, répartis dans leurs vers comme des notes sur leurs portées.

    Le titre du recueil est celui de la première partie : La paupière philosophale – et c’est déjà tout un programme incluant la manipulation verbale et le jeu sonore. On découvre dans les poèmes (où pullulent les allitérations en « p ») la volonté de « muer le vil métal / en pot-au-feu d’or mental » et de se couler dans une « peau fine / paupière finale / fatale / philosophale ».

    Suivent neuf autres mini-recueils consacrés à des pierres précieuses. Non pour les décrire, mais pour tirer de leurs noms, en formules délicates, les riches sonorités qu’ils contiennent (l’opale « avec les pôles d’une pile », le lapis-lazulis « sur la piste du lis », la chrysophrase (chrysoprase ?), « cristal du sophisme / et sopha du phonème », la turquoise, « truc coi et oisif », l’émeraude « comme la mère d’une robe » – ce ne sont que quelques exemples). Avec cela, le poète ne rechigne pas à chanter des refrains enfantins (« turlututus et turlurettes ») ni à se jouer de mots rares comme « ulex », « saphène », « sarrussophone », « thrips », « cynips » et autres termes spécialisés.

    Dans une langue épiée, espionnée, triturée, malaxée, remâchée, La paupière philosophale opère une extraction à la fois douloureuse et jubilatoire de l’or des mots.

    Jean-Pierre Longre

    www.jose-corti.fr

    www.jose-corti.fr/auteursfrancais/luca.html

  • « L’étincelle de nos espoirs »

    PANAÏT ISTRATI D’HIER A AUJOURD’HUI


    Rencontres autour de la vie et de l’oeuvre de Panaït Istrati
    11 mai 2016
    Salle de conférences
    Institut français de l’éducation
    19, allée de Fontenay
    69007 Lyon
    Entrée libre dans la mesure des places disponibles
    Exposition
    11 mai – 9 juillet 2016
    Bibliothèque Diderot de Lyon
    5, parvis René-Descartes – BP 7000
    69342 cedex 07
    Du lundi au vendredi de 9h à19h
    Le samedi de 9h à 17h
    Ouvert à tous publics
    Visite guidée chaque jeudi à 15h
    Manifestation organisée par l’Association des amis de Panaït Istrati et par la
    Bibliothèque Diderot de Lyon
    Contacts
    amisdepanaitistrati@orange.fr
    fonds-slaves-diderot@ens-lyon.fr


    Programme de la journée du 11 mai disponible
    sur le site de la Bibliothèque Diderot de Lyon : http://www.bibliotheque-diderot.fr/
    sur le site de l’Association des amis de Panaït Istrati : http://www.panait-istrati.com/

    Programme de la journée du 11 mai
    Rencontres autour de la vie et de l’oeuvre de Panaït Istrati


    9h15
    Ouverture de la journée par Christine Boyer, directrice de la Bibliothèque Diderot de Lyon
    9h30
    Christian Delrue (Association des Amis de Panaït Istrati)
    Panaït Istrati « le pèlerin du coeur »
    10h30
    Jean-Pierre Longre (Littérature contemporaine – Université Jean Moulin Lyon 3)
    Echos istratiens dans quelques oeuvres contemporaines
    11h30
    Sergueï Feodossiev (chercheur et écrivain – Kiev, Ukraine)
    De la fascination à la haine, la perception de Panaït Istrati en URSS
    13h – 14h30
    Pause déjeuner
    14h30
    Hélène Lentz (Études roumaines – Université de Strasbourg)
    Les minorités dans l’oeuvre de Panaït Istrati
    15h30
    Alain Dugrand (Ecrivain et journaliste)
    Le voyage, la découverte du monde chez Panaït Istrati et l’ailleurs comme renouveau dans
    la littérature d’aujourd’hui
    16h30
    Vincent Baas et Anne Maître (Bibliothèque Diderot de Lyon)
    La place de Panaït Istrati à la Bibliothèque Diderot de Lyon
    Tout au long de la journée, lectures d’extraits de l’oeuvre de Panaït Istrati
    par l’acteur et comédien
    Philippe Morier-Genoud
    17h30
    Découverte de l’exposition à la Bibliothèque Diderot de Lyon

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  • Poésie et gravure

    Poésie, gravure, francophone, Roumanie, Cornelia Petrescu, Marc Pessin, Le verbe et l'empreinteCornelia Petrescu, Le sagittaire, Marc Pessin, Encres, Le verbe et l’empreinte, 2016

    Présentation :

    « Les poèmes de Cornelia reflètent des tensions contradictoires, tantôt vers une relation intime, profonde, avec la langue et le pays d’adoption, tantôt vers cette voix qui refuse de se taire, qui l’appelle du tréfonds de ses racines et qui n’est pas sans rappeler l’aveu d’un  autre  créateur  roumain  déraciné, Panaït Istrati : « Je suis venu dans les lettres françaises avec une âme roumaine, mais je dus lui prêter un masque français. Quand je tentai de rendre à cette âme son visage roumain, je ne le pouvais plus ; elle s'était éloignée avec un visage étranger »… Devenir conscient de soi incite à se voir avec les yeux de l’Autre. C’est ce que font Cornelia Petrescu, frêle mais fort saule pleureur, et Marc Pessin, qui nous parle autrement d’une vision identitaire. Cette rencontre, elle-même improbable, a mis en communication directe et empathique, dans un petit bourg blotti dans les Alpes, une Roumaine adoptée par la France et un Français connaisseur d’art et de poésie roumaine. En résulte un joyau inouï, limpide et tressé de mille fils invisibles qui font oublier le travail qui se cache derrière, le chagrin inguérissable qui nourrit la parole, les non-dits, les doutes et les questions sans réponse, pour éclater au grand jour comme un nuage délicat qui se dissout dans la lumière.»

                                                                                           Simona Modreanu

    (Docteur ès Lettres de l'Université Paris 7, écrivain, traducteur, professeur de langue et de littérature française à l'Université "Alexandru Ioan Cuza"de Iaşi)

    Poèmes accompagnés de 5 encres de Marc Pessin imprimés en Palatino sur conqueror vergé 21x30 cm en feuilles sous couverture gravée et estampée par MARC PESSIN. Édition tirée à 50 exemplaires numérotés et signés. Achevé en Avril 2016  pour les Éditions ‘’Le Verbe et l’Empreinte’’, atelier d’art à Saint-Laurent-du-Pont Isère.

    Un des 50 exemplaires : 80 €

    Cornelia Petrescu

    Née en 1938 dans une famille d’instituteurs de Bucovine (Nord de la Roumanie), elle a vécu son enfance pendant la période trouble de la guerre, suivie par l’absurdité de la dictature communiste. De formation scientifique, elle a travaillé comme ingénieur en Roumanie et en France où elle s’est exilée en 1986. Son attrait pour l’écriture naquit dans son pays d’adoption, comme un exutoire à la difficulté du déracinement qu’elle vivait.

    Ces poésies, qui marquent l’évolution de l’auteur sur la terre d’asile, sont publiées grâce à l’incitation de son éditeur Marc Pessin.

    Membre de l’Union des Ecrivains de Roumanie et de la Société des Ecrivains de Bucovine.

    Du même auteur:

    Cartes postales, roman en langue roumaine, Timpul  Iaşi/2014,

    La nuit des cigales, roman en langue française, Thot Grenoble/2004, traduit en langue roumaine, Junimea Iaşi /2012,

    Le cercle de Siméon, roman en langue roumaine,  Junimea Iaşi/2010,

    Les écorces d’orange, recueil de nouvelles en langue française, Mon petit éditeur Paris/2010,  

    Semper Stare, roman en langue française, L’Harmattan Paris/2007,

    Un autre regard (coauteur), album bilingue, Tipolidana Suceava/2004,

    L’apprentissage de l’humilité, roman en langue roumaine, Junimea Iaşi/2001,

    La première vie,  roman en langue roumaine, Noël Iaşi/1998,

    Rêve de chien. Rêve d’homme, nouvelle de début en langue française,  Vernet Isère/1990.

    www.cornelia-petrescu.info

  • Le secret d’Elena

    Roman, francophone, Roumanie, Liliana Lazar, Le Seuil, Jean-Pierre LongreLiliana Lazar, Enfants du diable, Le Seuil, 2016  

    Dans les années 1970-1980, la politique nataliste de Ceauşescu faisait des ravages : avortements clandestins, accouchements sous x, abandons d’enfants qui venaient remplir les orphelinats sordides. Dans ce contexte, Elena Cosma, sage-femme à Bucarest, célibataire en mal d’enfant, décide d’adopter le bébé de Zelda, l’une de ses patientes, avec l’accord de celle-ci. Au bout de quelque temps, Zelda devenant trop pressante auprès de l’enfant, Elena décide de demander sa mutation et de partir avec lui pour un « voyage sans retour » à l’autre bout du pays, dans un village de Moldavie, Prigor.

    À partir de là, les événements vont s’enchaîner rapidement. Le petit Damian, « enfant de Dieu », dont la beauté fragile ne rappelle en rien la physionomie robuste de sa « mère », et sur lequel courent diverses rumeurs, devient le souffre-douleur de ses camarades, tandis qu’Elena, la seule soignante du village, remplit le mieux possible sa mission d’infirmière pour une population dominée par la frayeur qu’inspire le « Despote » Miron Ivanov, maire du village. Désireuse d’étendre son activité, et aussi de se couler dans le moule politico-social de l’époque tout en gardant son secret familial, Elena propose aux autorités de créer un orphelinat à Prigor. L’établissement, installé dans une forêt à l’écart du village, est comme toutes les « maisons d’enfants » du pays un enfer pour ses pensionnaires, appelés (par allusion à leur « père » à tous, Ceauşescu) « enfants du diable »), qui survivent tant bien que mal (et parfois meurent) sous la férule des surveillants, mal nourris, privés de l’hygiène élémentaire et de tout ce qui fait les petits bonheurs habituels des enfants. Certains orphelins, issus du village, sont au cœur des mystères qui tournent autour d’Elena, de Damian, du maire Ivanov – et c’est ainsi que l’intrigue se faufile entre la réalité dramatique de cette période et les personnages lourds de leurs souffrances, de leurs silences, de leurs relations ambiguës, de leurs résignations et de leurs révoltes.

    Le récit foisonnant, mené d’une plume alerte et vigoureuse, court sur une bonne dizaine d’années. À travers les histoires individuelles et au-delà des profondeurs mystérieuses que recèlent les personnages, les événements et les lieux (le village reculé, la forêt, l’étang – motifs que l’on trouvait déjà dans Terre des affranchis), c’est aussi l’histoire de la Roumanie qui se déroule : la dictature, les malheurs de la population, surtout des enfants, la catastrophe de Tchernobyl dont le retentissement est clairement sensible, la « révolution » de fin 1989, l’apparition des « humanitaires », qui traînent eux aussi leurs ambiguïtés… Roman à la fois historique, social, psychologique, noir, Enfants du diable mêle avec bonheur la réalité et l’imaginaire, la narration sèche et les mystères de la poésie. Belle manifestation d’une écriture combinant la maîtrise consommée de la langue française et la perpétuation d’un certain esprit roumain.

    Jean-Pierre Longre

    www.seuil.com

  • Amour, lyrisme et mots

     

    Radu Bata à Lyon

    Le Consulat Général de Roumanie à Lyon vous convie, le mercredi 23 mars à 18h.00, à la Maison de l’Europe et des Européens, 242 rue Duguesclin 69003 Lyon, à la rencontre avec l’écrivain Radu Bata et le professeur Jean-Pierre Longre (Rhône Roumanie) pour discuter sur les interférences littéraires franco-roumaines, sur une géographie imaginaire aux frontières perméables.
    La soirée finira autour d’un cocktail offert par le Consulat Général de Roumanie à Lyon.

    CONSULAT GENERAL DE ROUMANIE A LYON
    29, rue de Bonnel 69003 Lyon
    Tél: 04.78.60.70.77, Fax: 04.78.60.70.94
    consulatroumanie.lyon@gmail.com

    Plus de préisions ici: affiche Radu Bata MDEE.pdf

    Radu Bata, Le philtre des nuages et autres ivresses, Éditions Galimatias, 2014

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    Oui, dans Le philtre des nuages, le lyrisme et les jeux font bon ménage, ce qui n’est pas courant. Radu Bata, dans son précédent ouvrage, Mines de petits riens sur un lit à baldaquin, nous avait mis en condition, triturant la langue dans tous les sens de ses rêves et de ses insomnies. Ici, certes, nous retrouvons ce goût prononcé pour l’élasticité du verbe, pour les « champs sémantiques / du no man’s land », pour la musique des consonnes, pour les aphorismes détournés… Mais, dit-il, « derrière les mots il y a un mystère ».

    C’est ce mystère que, par la poésie, le « soigneur de mots », spécialiste de « la langue du doute », tente de percer. Les textes, aux titres intrigants, souvent décalés, ne manquent pas de réserver des surprises linguistiques, oniriques, humoristiques, satiriques – et les suites à caractère surréaliste, aux allures de cadavres exquis, voisinent sans anicroche avec la simple expression des sentiments humains, avec le lyrisme vrai de l’amour, seul capable « de dissiper / les nuages / qui s’amassent / sur ton front ».

    poésie,francophone,roumanie, radu bata, éditions galimatias,jean-pierre longreMais comment préserver la sincérité du cœur dans un monde où « les humains ne savent plus dire qu’amour de soi », dans un monde où les « enfants battus / de la prospérité » doivent fraterniser avec des « loups-garous avares » ou des « vampires malveillants » ? Comment l’individu, condamné à « vivre pluvieux », peut-il affronter les monstres modernes ? Radu Bata n’a pas perdu ses racines roumaines, qu’il revendique çà et là, et n’a rien oublié non plus de la beauté des nuages, de « l’harmonie cosmique », de la « langue du doute », des bienfaits du silence, ni de l’ivresse que procure la vraie poésie, celle de Rimbaud ou de Nichita Stanescu par exemple.

    C’est ainsi que Le philtre des nuages, en « poésettes » aux allures simples mais (mine de rien) finement élaborées, nous emmène « par des chemins de traverse » vers un « pays d’élection », celui où il fait bon, sous la houlette du langage, déguster les bonheurs distillés de la nature, de la tendresse et de la chaleur humaines.

    Jean-Pierre Longre

     www.editions-galimatias.fr  

  • Londres-Varatec aller-retour

    Roman, francophone, Gaspard Koenig, Grasset, Jean-Pierre LongreGaspard Koenig, Kidnapping, Grasset, 2016  

    Ruxandra, que ses employeurs appellent Roxy, a quitté la Roumanie, espérant y revenir un jour suffisamment riche pour tenir une pharmacie avec son fiancé Mircea. Son emploi de « nanny » dans une famille britannique lui fait découvrir une monde radicalement différent de celui qu’elle a laissé. David, « senior banker » rivé à son BlackBerry et à ses perspectives de carrière, Ivana, qui tente d’oublier et de faire oublier ses origines croates en se coulant dans le moule du snobisme londonien, et le petit George, élevé selon des principes bien arrêtés, auquel Roxy se prend d’une affection de plus en plus maternelle, tout en restant en étroite relation avec une de ses tantes demeurant dans sa région natale.

    Or la banque dans laquelle David travaille est impliquée dans le projet européen du « Corridor IX », autoroute qui relierait la Grèce à la Finlande en passant par la Bulgarie, la Roumanie, la Moldavie, l’Ukraine et la Russie. « De la mer Égée à la Baltique ! », s’enthousiasme le commissaire européen aux transports. David, désireux de monter en grade, se propose pour prendre en charge le tronçon roumain de cet axe, dont sa banque aura la responsabilité – et la Roumanie va ainsi devenir l’objet de ses préoccupations professionnelles. Pas plus, au départ. Puis, à mesure que le projet se précise, greffant sur l’axe principal des voies rapides vers les fameux monastères de Bucovine et de Neamt – ce qui attise la révolte dans les campagnes, les villageois risquant de pâtir des travaux à venir –, il approfondit sa connaissance du pays. Un voyage pittoresque et relativement mouvementé jusqu’au au monastère de Varatec, cœur de la contestation, et que Ruxandra connaît bien, semble lui ouvrir les yeux sur la réalité du terrain et sur les nécessaires négociations à mener.

    Roman, francophone, Gaspard Koenig, Grasset, Jean-Pierre LongreVisiblement, Gaspard Koenig maîtrise son sujet et l’art du roman. La vie londonienne avec ses rites et ses clivages sociaux, la Roumanie dans sa diversité, Bucarest, son animation et ses excès, les campagnes profondes, les monastères et leurs traditions (certains clichés tenaces aussi), les ambitions souvent restées lettre morte des instances européennes, les péripéties que les confrontations entre ces univers entraînent, les traits satiriques auxquels peu échappent : tout est réuni pour procurer une lecture à la fois rebondissante et documentée, qui n’exclut pas la réflexion sur la marche économique du monde et les dissensions qu’elle induit au sein de l’Europe. Un simple échange entre David le banquier de la City et Veronica la bibliothécaire du monastère de Varatec résume parfaitement l’incompréhension réciproque : « Avec l’autoroute, la croissance du département de Neamt devrait attendre les 5% par an. – La croissance de quoi, mon fils ? ». Kidnappeur, kidnappé, les rôles ne sont pas définitivement distribués…

    Jean-Pierre Longre

    www.grasset.fr

  • Intrigues danubiennes

    Roman, francophone, Roumanie, Irina Adomnicai, L’Harmattan, Jean-Pierre LongreIrina Adomnicai, Amours de contrebande, L’Harmattan, 2015  

    De prime abord, on met en doute le genre annoncé sur la couverture, « roman ». Car le livre se compose de trois récits apparemment autonomes : « Le Fossoyeur du Danube », qui relate l’histoire de Basile, dont le métier est d’enterrer les cadavres des anonymes qui, en tentant de fuir le pays, se sont noyés dans le Danube ; « Pas de deux », où un Français, Florian Duverger, venu en Roumanie pour vendre la maison de sa grand-mère, y fait d’étranges rencontres ; « l’île de l’âme », dont le personnage principal – en dehors de deux scientifiques, l’un roumain, l’autre français, qui mènent des expériences délicates – est pour ainsi dire Adda-Kaleh, « l’île fortifiée », petite « virgule » de terre dont la vie si diverse au fil des siècles fut submergée par la construction du barrage de Turnu-Severin, entre la Roumanie et la Yougoslavie, mais qui semble revivre par la narration.

    Trois récits donc, mais dont on comprend, à mesure qu’on avance dans leur lecture, qu’ils sont attachés au fil du Danube, qui en forme le liant romanesque. Mais ce liant est aussi assuré par les destinées hors-normes des personnages, par leurs rencontres, leurs discussions, leurs confrontations, par les « amours de contrebande » que les hommes tentent de vivre en se raccrochant au réel, les femmes à l’imaginaire (pour schématiser). L’imaginaire, le rêve, le cauchemar parfois se construisent sur le réel politico-historique de la dictature communiste, sur des descriptions tangibles de paysages ruraux ou urbains, sans négliger la satire à laquelle la vie imposée par le régime prête le flanc, ni les allusions à quelques légendes traditionnelles. Par-dessus tout, « les ombres, le double, l’âme immortelle… », mais « on trouve rarement le dernier mot de l’énigme qui aimante la douloureuse algèbre du destin humain. ».

    Irina Adomnicai, dont l’activité de psychanalyste n’est peut-être pas étrangère aux mystères qui entourent et que recèlent les personnages, signe là un roman dense, complexe, sous-tendu par une poésie puissante et baroque, dans lequel le Danube, impassible et bouillonnant fleuve « magnétique », joue un rôle démiurgique, « le Danube qui paraissait traverser tous les dommages subis, comme si de rien n’était. ».

    Jean-Pierre Longre

    www.harmattan.fr

  • Combats contre la dictature

    autobiographie,francophone,roumanie,sorin dumitrescu,éditions le ver à soieSorin Dumitrescu, Irrévocable ! éditions Le ver à soie, 2015

    Présentation de l’éditrice :

    « Malgré les engagements internationaux pris par la Roumanie lors de la ratification de l’Acte constitutif de l’UNESCO et de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies, Sorin Dumitrescu, Directeur de la Division des sciences de l’eau de l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Sciences et la Culture (UNESCO), fut retenu dans son pays par le régime dictatorial de Nicolae Ceauşescu entre 1976 et 1978 : une période pendant laquelle il fut sujet à une longue série de pressions et de harcèlements. Pour la première fois, et contrairement aux dispositions de l’article VI de l’Acte  constitutif auquel il avait souscrit, un gouvernement membre de l’Organisation « assignait à résidence » un fonctionnaire international dans son pays d’origine, l’empêchant ainsi d’accomplir la mission que lui avait confiée l’UNESCO. Pour la première fois également, le Directeur général de l’UNESCO se trouvait dans l’impossibilité d’assurer son autorité sur un fonctionnaire de l’Organisation, en conformité avec les obligations qui résultaient pour lui de l’engagement qu’il avait souscrit au moment de sa nomination. 

    C’est d’abord ce combat acharné contre le régime communiste dictatorial que raconte ce livre. Pendant deux ans, Sorin Dumitrescu va devoir déjouer un à un tous les pièges que lui tend la Securitate. C’est ainsi qu’au fil de situations authentiques qui ne manquent pourtant pas de rappeler les grandes heures du récit d’espionnage, l’auteur déroule sous nos yeux la véritable partie d’échecs qui l’oppose au gouvernement roumain et à Ceauşescu  personnellement pour parvenir à sortir de son pays et recouvrer son droit à accomplir ses devoirs de fonctionnaire international. Pourtant, au-delà du récit détaillé des stratégies ubuesques de la dictature roumaine à son égard, c’est aussi à la découverte de l’histoire récente autant que passionnante de l’UNESCO que ce livre nous entraîne. Un livre, dans lequel on ne se lasse pas non plus de découvrir avec étonnement le caractère arbitraire et parfois tout aussi ubuesque des règles auxquelles les demandeurs d’asile pouvaient être confrontés dans la France des années 1980. »

    Né en Roumanie en 1928, Sorin Dumitrescu est ingénieur hydraulicien et docteur en hydrologie. De 1959 à 1969, il a dirigé l’Institut de recherches hydrauliques de Bucarest. À partir de 1964, il a participé à la planification et à la mise en oeuvre de la Décennie Hydrologique Internationale (1965-1974), lancée par l’UNESCO. En 1969, il fut nommé Directeur de l’Office d’hydrologie de l’UNESCO et commença une carrière internationale. Envoyé en mission officielle dans la Roumanie de 1976, il sera empêché de quitter le pays par le régime dictatorial de Nicolae Ceauşescu. Il fit l’objet de diverses formes de répressions, malgré l’immunité conférée par son statut de fonctionnaire international. Après le combat acharné que raconte ce livre, et soutenu par le Directeur général et le Conseil exécutif de l’UNESCO, il a enfin pu rejoindre son poste à Paris en 1978. Il a ensuite fini sa carrière en tant que Sous-Directeur général de l’UNESCO.

    http://www.leverasoie.com

     

  • Explosante-fixe

    roman,francophone,roumanie,irina teodorescu,gaïa-éditions,jean-pierre longreIrina Teodorescu, Les étrangères, Gaïa, 2015

    Le nouveau roman d’Irina Teodorescu ne laisse pas le lecteur en repos ; c’est tant mieux. De l’image à jamais fixe de la photographie à l’incessant mouvement circulaire de la danse, il doit se frayer son chemin, le lecteur. Et entre les deux formes artistiques, une troisième s’impose, qui fait le lien : la musique, sonore ou silencieuse. En outre, il y a les voyages, les va-et-vient entre Bucarest et Paris, entre la ville étrange et reposante de Kalior (la plus belle, sans doute) et l’Europe – et par-dessus tout, l’amour.

    La narration est multiple, en instantanés, en spirales, en arrêts sur image, en bonds, autour des deux protagonistes. Il y a d’abord Joséphine, petite puis jeune fille franco-roumaine, élevée sous la dictature de Ceauşescu mais pouvant circuler, avec ses parents, entre la Roumanie et la France. Amoureuse de sa professeure de violon, puis passionnée de photographie, elle sacrifie ses études et ses diplômes à cette passion qui lui vaut un succès international. Et c’est le grand amour : celui de Nadia, la ronde danseuse, avec qui elle va tout partager (la vie, l’art, les voyages, les confidences), et qui va peu à peu se raconter elle-même, raconter leur existence fusionnelle. « Pendant quatre ans, Joséphine et moi fûmes un seul corps. Comme des amantes siamoises. ». Et puis les séparations, les retours, la fuite solitaire vers un ailleurs situé entre veille et rêve, un espace à la fois mouvant et immobile.

    Les étrangères (aux autres, à elles-mêmes, au monde) est un roman de l’entre-deux (entre deux pays, entre deux langues, entre deux arts, entre réel et imaginaire, entre fusion et séparation…) et de la quête d’un absolu artistique : photographier l’invisible (la musique, l’intérieur des gens), danser sur le silence, fixer le mouvement – comme l’image « explosante-fixe » de la « beauté convulsive » chère à André Breton. C’est aussi, et surtout, le roman d’une écriture ; celle d’une auteure qui a appris la langue française à l’âge de 19 ans, et qui quinze ans plus tard parvient à la maîtriser au point de la rendre malléable, et, tout au long de ces 200 pages, d’adapter son style à celui des protagonistes, de leur âge, de leurs préoccupations, de leur tempérament. Laisser leur liberté d’expression à ses personnages, voilà un bel idéal romanesque.

    Jean-Pierre Longre

    www.gaia-editions.com  

     

  • L’ombre du temps

    Horia Badescu, Roulette russe, Chants de vie et de mort, peintures d’Anne Slacik, L’herbe qui tremble, 2015

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    « Chaque poème est un battement de cœur

    Dans chaque battement de cœur vit la mort ».

    Ainsi finit le premier poème, qui donne son titre au recueil. L’apparente opposition entre vie et mort, transformée par la plume du poète, n’en est plus une, tant les deux sont étroitement  unies :

    « Heureux sois-tu

    toi dont l’âme est emplie de morts.

    Ils sont là plus vivants

    que jamais. »

    Cette unité commande la thématique centrale, celle du temps, le « vieux Chronos » qui apporte « l’obstination » de la vieillesse, et qui préside à tout : l’ombre et la lumière, la joie et la tristesse, les « comptes obscurs » des jours, des heures, des années, les traces des visages croisés, des sentiments éprouvés, les paysages, la nature, cette nature qui entretient un lien intime et sacré avec l’humanité : le « frère vent », la « sœur pluie », « la poussière qui se souvient », et

    « Le brin d’herbe dans le ventre

    Du frimas

    Avant qu’il ait gagné

    L’immortalité ».

    Oui, l’immortalité que suggèrent les profondes et infinies peintures d’Anne Slacik illustrant le recueil, la langue à la fois limpide et dense de Horia Badescu, et l’épitaphe finale, en une fusion de la vie et de la mort :

    « Même la mort

    pareille à sa bien-aimée

    l’a charmé ! ».

     

    Jean-Pierre Longre

    http://lherbequitremble.fr

     

  • Passeur de littérature

    revue,francophone,roumanie,marius daniel popescu,jean-pierre longreJournal Le Persil n° 100, puis 101-102-103, automne 2015

    Marius Daniel Popescu aime la vie quotidienne, il aime les gens qui la traversent et la peuplent, et des moindres gestes, des moindres objets, des moindres mots s’échappent sous sa plume des paysages nouveaux – par la parole, le souvenir, l’imagination. Le banal, chez lui, ne l’est jamais; de l’ordinaire naît l’extraordinaire. S’il est besoin de le prouver encore, le numéro 100 du Persil, « journal qui cultive le goût de la cuisine des mots de chaque jour », le fait à merveille. Des poèmes nouveaux, et deux extraits d’un roman à venir (et attendu), Le Cri du barbeau : l’un puisé dans un épisode de la vie actuelle – petits incidents et conversations paisibles –, l’autre dans les souvenirs des « travaux patriotiques » organisés par le « parti unique » – ramassage obligatoire de pommes de terre par les étudiants, sous la surveillance des professeurs d’université, à l’époque de la dictature en Roumanie.

    revue,francophone,roumanie,marius daniel popescu,jean-pierre longreCette centième parution, donc, qui dresse aussi la liste des 99 précédentes, avec tous les détails sur leur sommaire, contient « des textes d’un seul auteur ». Mais le numéro triple qui suit dans la foulée (101-102-103) est, comme la plupart des précédents, laissé à la disposition d’autres auteurs de la Suisse romande (Ivan Farron, Serge Cantero, Bertrand Schmid, Janine Massard, Silvia Härri, Ferenc Rákóczy, Lucas Moreno, Lolvé Tillmans, Dominique Brand, Heike Liedler, Michel Layaz) et de Sanaz Safari, écrivaine iranienne qui, grâce à David André et Marius Daniel Popescu, publie ici ses deux premiers textes écrits en français, « à l’attention d’un lectorat dont elle ignore tout ».

    revue,francophone,roumanie,marius daniel popescu,jean-pierre longreRoumanie, Suisse romande, Iran, et tous les espaces que l’écriture laisse entrevoir : Le Persil, « parole et silence », est un généreux passeur de littérature, au plein sens de l’expression.

    Jean-Pierre Longre

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