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Voyage

  • La Roumanie en BD

    Bande dessinée, voyage, francophone, Roumanie, Romain Dutter, Bouqué, Paul Bona, Steinkis, Jean-Pierre LongreRomain Dutter (scénario), Bouqué (dessin), Paul Bona (couleurs), Goodbye Ceauşescu, « Un road-trip documentaire dans la Roumanie post-communiste », Steinkis, 2021

    Entre juillet 2018 et mai 2019, Romain Dutter et Paul Bona ont effectué cinq séjours en Roumanie, et en ont rapporté une bande dessinée à la fois drôle et sérieuse, pleine de sympathie et de réalisme. Une visite du pays où l’amitié pour les habitants l’emporte sur l’image touristique (qui n’est toutefois pas négligée), où le cliché caricatural s’efface devant la véritable connaissance du pays.

    Bande dessinée, voyage, francophone, Roumanie, Romain Dutter, Bouqué, Paul Bona, Steinkis, Jean-Pierre LongreSix chapitres rythment cette visite. Après le premier (« Goodbye Ceauşescu ») qui résume l’histoire de la Roumanie (certaines de ses légendes aussi), les cinq suivants sont consacrés à de grandes étapes géographiques : les bords de la Mer Noire, de Constanţa au Delta du Danube, Bucarest, son éclectisme et sa vie animée, Timişoara, ville multiculturelle d’où est partie la « Révolution » de 1989, la Transylvanie, sa diversité ethnique et sa richesse historique, la Moldavie, sa campagne sereine et ses magnifiques monastères. Rien n’échappe à l’observation bienveillante des voyageurs qui, s’adressant au lecteur, espèrent que « cette lecture vous a plu et qu’elle vous a permis de renouveler la perception que vous aviez de la Roumanie et de sa population, de déconstruire certains clichés. »

    Bande dessinée, voyage, francophone, Roumanie, Romain Dutter, Bouqué, Paul Bona, Steinkis, Jean-Pierre LongreLe but est atteint, puisque l’essentiel est dit et montré, paysages et monuments, mentalités et coutumes, charmes et imperfections, contrastes entre villes et campagnes, entre traditions et modernité, relations entre les communautés (Roumains, Hongrois, Tziganes…). Quelques documents photographiques et quelques considérations révélatrices de la manière dont les Roumains voient la France et les Français ponctuent cet ouvrage qui, pour ceux qui ne connaissent pas encore ce séduisant pays, est une prometteuse invitation au voyage, et pour les autres une belle invitation à y retourner.

    Jean-Pierre Longre

    www.steinkis.com  

  • L’apprentissage et les projets de Roxana

    Récit, francophone, Roumanie, Denis Audureau, N'co éditionsDenis Audureau, Vivre en CAmpagnonnage, N'co éditions, 2021

    Présentation:

    Née en 1994 en Roumanie, Roxana arrive à Troyes à 19 ans, après une enfance auprès de parents modestes et de son frère, Adrian qui s’est engagé dans l’agriculture. La jeune fille réussit son CAP Menuisier avec les Compagnons du Devoir, hésite à partir pour le Tour de France, apprend le métier grâce à divers contrats de courte durée et finit par être adoptée. En parallèle, elle nourrit un projet qui lui tient à cœur mais qu’elle doit réaliser en équipe : la transformation d’un corps de ferme désaffecté des Monts du Lyonnais en lieu intergénérationnel d’habitat partagé. Comment gagner la confiance et entretenir sa motivation tout en menant à bien ses missions professionnelles ? Comment concilier sa vie personnelle et son goût pour les traditions avec les sollicitations trépidantes de la vie en France ? Comment vivre avec les autres sans perdre de vue ses objectifs ?

    Denis Audureau, né en 1955, a grandi dans le milieu paysan du bocage vendéen. Il fera son Tour de France avec les Compagnons du Devoir du Tour de France dans les années 70. Autodidacte, après une carrière particulièrement consacrée à la retransmission — activités diverses auprès de jeunes et d’adultes —, à la retraite, il prend la plume pour raconter le parcours d’une jeune fille à la personnalité attachante.

    L’histoire de Roxana est un peu celle de tous les jeunes qui, à l’heure actuelle, jonglent avec les possibilités parfois impossibles à accorder dans une société lancée toujours plus vite vers un avenir sans repères évidents.

    L’auteur profite de cette aventure contemporaine pour laisser libre cours à sa vision d’une société tournée vers l’humain, respectueuse de la nature et consciente de ses responsabilités, notamment dans le secteur agricole.

    www.nco-editions.fr

    https://www.librairie-compagnons.com/2907-romans-vivre-en-campagnonnage.html

    https://www.facebook.com/vivreencampagnonnage

    Et pour échanger avec l’auteur :  vendeen.auteur@gmail.com

  • Si grande Roumanie…

    Essai, illustrations, francophone, Roumanie, Christine Colonna-Cesari, éditions Piatnitsa, Jean-Pierre LongreChristine Colonna-Cesari, Ils sont fous ces Roumains !, L’eldorado roumain,  éditions Piatnitsa, 2021

    Ceux qui connaissent un tant soit peu la Roumanie voudraient balayer tous les clichés négatifs que l’ignorance médiatique répand en France sur le pays et ses habitants, et ils le font tant bien que mal. Christine Colonna-Cesari, qui s’est installée à Bucarest parce qu’elle y trouve « une société à dimension humaine », « une énergie particulière, un sentiment de tolérance et de sécurité », un rare sens de l’accueil, une sympathie hors pair et une belle « qualité de vie », s’est employée à réhabiliter les Roumains en décrivant leur pays sous l’angle de la grandeur. C’est un fait qu’ils en ont un « sens inné », synthétisé par l’expression « Mare de tot ».

    C’est ainsi qu’en de brefs chapitres dûment renseignés, magnifiquement illustrés, clairement rédigés à partir de rencontres et de visites fructueuses, elle décline ce qu’il y a de plus grand, beau, original dans un pays qui regorge de sites, de monuments, d’objets, de personnalités hors du commun. Il y a les lieux notoires, comme le « Cimetière joyeux » de Săpânța, les sculptures de Constantin Brâncuşi à Târgu-Jiu, le gigantesque Palais du Parlement à Bucarest, les anciennes mines d’or de Roşia Montană (remises récemment en mémoire à cause des visées prédatrices de multinationales), les musées ethnographiques en plein air tels que le Musée du Village de Bucarest ou ceux de Cluj et de Sibiu, le marché d’Obor… Il y a aussi l’art et l’artisanat : la fameuse blouse roumaine, ou « la grande coupole vitrail de Râmnicu Vâlcea », peinte à la main. Mais Christine Colonna-Cesari nous fait aussi découvrir ou redécouvrir « le plus grand orgue d’Europe de l’Est » construit en 1839 pour l’église Noire de Braşov, ou « la vallée des Fées », lieu de rêve pour les enfants créé par Răzvan Vasile, et beaucoup d’autres choses. Des personnages aussi, tels Mircea Tudor avec « ses scanners de transport uniques au monde », Mariana Mihuţ avec ses peintures naïves ou Verginia Vedinas, juriste de grande envergure…

    On ne peut évidemment pas rendre compte de tous les sujets de grandeur abordés dans ce luxueux et luxuriant volume, qui ne prétend pas non plus tout recenser. L’autrice a beau écrire que ce n’est ni « un livre d’histoire » ni un « guide touristique », nous avons là un panorama écrit et visuel d’une grande originalité et d’un bel esthétisme, qui revêt des dimensions géographiques et historiques. Avis donc aux visiteurs : suivez les recommandations faites ici, parcourez le pays avec ce livre en main, véritable hymne à une Roumanie que vous ne vous lasserez pas d’arpenter.

    Jean-Pierre Longre

    http://www.editionspiatnitsa.com  

    « Voici la Roumanie sous un jour nouveau. Voici comment les Roumains n'ont pas peur, d'être Mare de tot ! les plus grands, les plus forts.
    Découvrez les records, les talents, la gentillesse, le sens de la grandeur, de l'accueil et de l'innovation, chez le plus joli peuple d'Europe, qui ne craint pas de bâtir toujours plus haut.
    La Roumanie c'est le plus grand laser du monde, la plus haute église en bois du monde et la plus haute cathédrale orthodoxe du monde, les Thermes écologiques les plus grandes du monde, la terre la plus fertile du monde, la plus grande réserve d'or d'Europe, les plus belles blouses brodées main du monde. »

    224 pages, 188 photos, 31 reportages

  • En langue roumaine

    Quelques parutions récentes chez les éditeurs roumains

    Des essais, des documents, des œuvres de fiction… Les auteurs et les éditeurs roumains proposent toujours de nombreux livres, dont beaucoup méritent une attention internationale. En voici quelques exemples. Merci à Mircea Anghelescu, professeur émérite à l’Université de Bucarest, de nous avoir fait parvenir ces ouvrages.

    Littérature, essais histoire, Roumanie, Mircea Anghelescu, Lucian Boia, Radu Paraschivescu, Gabriela Adameşteanu, Lucian Dragoş Bogdan, Polirom, Humanitas, Tritonic

    Călători români şi călătoriile lor în secolui al XIX-lea (Voyageurs roumains et leurs voyages au XIXème siècle). Antologie, prefaţă şi note de Mircea Anghelescu, Polirom, Biblioteca Memoria, 2018. Textes sur différents pays (dont la Roumanie) vus par de nombreux écrivains, parmi lesquels V. Alecsandri, Al. Macedonski…

    Littérature, essais histoire, Roumanie, Mircea Anghelescu, Lucian Boia, Radu Paraschivescu, Gabriela Adameşteanu, Lucian Dragoş Bogdan, Polirom, Humanitas, Tritonic

    Lucian Boia, Cum mam trecut prin communism, Primul sfert de veac (Comment j’ai vécu le communisme), Humanitas, 2018. Autobiographie de l’un des grands historiens contemporains, assortie de documents photographiques.

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    Radu Paraschivescu, Orice om îi este teamă. Un partid, doi ani şi trei premieri (Tout le monde a peur. Un parti, deux ans, trois premiers ministres), Humanitas, 2018. Sur la situation politique actuelle.

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    Gabriela Adameşteanu, Fontana di Trevi, Polirom, 2018. Par la grande romancière contemporaine (voir ICI).

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    Lucian Dragoş Bogdan, Parfumul Cracoviei, Tritonic, 2017. « Deux couples. Quatre destins. Et une lutte désespérée entre le cœur et la raison ».

     

    www.polirom.ro

    www.humanitas.ro

    www.tritonic.ro

  • Une odyssée aux frontières de l’Europe

    Récit, francophone, voyage, Laurent Geslin, Jean-Arnault Dérens, La Découverte, Jean-Pierre LongreLaurent Geslin, Jean-Arnault Dérens, Là où se mêlent les eaux, « Des Balkans au Caucase, dans l’Europe des confins », La Découverte, 2018

    Ce n’est qu’une petite partie de la planète, et pourtant que d’histoires à raconter, et quelle Histoire à explorer ! De l’Italie à la Géorgie, en voilier et par différents moyens de locomotion maritimes ou terrestres, Laurent Geslin et Jean-Arnault Dérens ont déniché les coins les plus reculés, les localités les plus méconnues des rives de l’Adriatique, de la Mer Égée et de la Mer Noire. Leur livre raconte leur périple, et surtout le passé et le présent de ces régions marginales, dont les fluctuations humaines ont suivi les variations géopolitiques : Italie, Croatie, Monténégro, Albanie, Grèce, Turquie, Géorgie, Russie, Ukraine, Moldavie, Roumanie…

    Ces pays, certes connus, recèlent des lieux plus ou moins secrets que les touristes ne fréquentent pas, faute de les connaître. Non seulement des lieux, mais des populations minoritaires – Albanais d’Italie, Slovènes de Trieste, Tatares de Crimée, Russes de Moldavie, Tcherkesses du Kosovo, Lipovènes du Delta du Danube, bien d’autres encore, sans oublier les « migrants » et réfugiés qui contribuent à constituer ce mélange humain à la fois curieux, attachant et circonspect que nous peignent avec affection les deux voyageurs – à l’image des occupants d’un autobus géorgien : « Il faut un peu de temps et quelques gestes, un sourire au bon moment, sans trop en faire, pour être accepté dans la petite communauté du bus, dans cette humanité en mouvement unie par l’objectif d’avancer, par la fatigue partagée, par ces moments aussi intensément vécus qu’ils seront vite oubliés dès que le trajet prendra fin. ».

    On remarquera au passage que le style n’est pas celui du reportage, mais plutôt du roman (non fictif) de voyage et d’histoire, dans lequel se dressent des portraits hauts en couleur et touchants, et se peignent des paysages poétiques. Par exemple : « Mustafa s’est attablé dans une bicoque des bords de la Bojana. Il a commandé une soupe de poisson, un citron et quelques miches de pain. Il a le crâne lisse comme un œuf, il n’est pas encore âgé, une petite quarantaine, mais des rides lui coulent des yeux vers la commissure des lèvres. Plus loin, derrière les vitres de la paillotte, les roseaux ondulent sous le vent du large qui a nettoyé le ciel pour dégager un froid soleil d’hiver. Mustafa l’Albanais est citoyen du Monténégro, il connaît bien les méandres de ce bout de terre, à l’extrême sud du pays. ».

    Récit de voyage, mais aussi récit historique, voire mythologique : chaque chapitre, chaque étape fait l’objet d’une remontée dans le temps, explorant le passé des localités et des pays (avec des anecdotes qui valent le détour, telle l’histoire du yacht de Tito, ou des détails toponymiques comme l’origine de l’appellation « Mer Noire »…), n’occultant pas les relations parfois conflictuelles, voire chaotiques que ces pays entretiennent (l’histoire turque, notamment, fait l’objet d’explications éclairantes). De cette histoire, de celle des guerres, des traités de paix plus ou moins efficaces, des animosités larvées sont tirées des leçons non définitives, certes, mais d’un grand intérêt. Sans parler des évocations de figures mythologiques (Ulysse, bien sûr, mais aussi Médée, Jason et la Toison d’Or etc.). De rencontre en rencontre, de pays en pays,  (et les tracas significatifs de certaines administrations douanières ne nous sont pas épargnés, sur le mode plutôt humoristique), Laurent Geslin et Jean-Arnault Dérens nous conduisent « là où se mêlent les eaux », où se déverse une bonne partie de l’Europe, où le Danube rejoint le Mer Noire en un vaste delta, non sans évoquer la silhouette d’Adrien Zografi, personnage de Panaït Istrati, un autre écrivain bourlingueur, coureur de contrées « où se mêlent » les peuples. 

    Jean-Pierre Longre

    www.editionsladecouverte.fr

  • « De-ci de-là », un anti-guide touristique

    Essai, francophone, Roumanie, Richard Edwards, Transboréal, Jean-Pierre LongreRichard Edwards, Chroniques de Roumanie, Transboréal, 2017

    Si elles ne sont pas exhaustives, les quatre-vingt « chroniques » de Richard Edwards font un tour quasiment complet, en tout cas précis et chaleureux, de son pays d’adoption, avec lequel il entretient des rapports passionnés. « Ma Roumanie, c’est une histoire d’amour entre une terre et moi. ». Une passion qui n’est pas exempte de « douleur », comme il le décline dès le début de l’ouvrage – car le pays et ses habitants n’échappent pas aux paradoxes : « Passion d’un pays complet et disponible, à tout moment, mer, montagnes, plaines et paysages, / Douleur d’un pays flétri d’un orgueil paranoïaque qui le mine dans son regard à l’autre ; / Passion d’un pays qui prend le temps, qui donne le temps, qui aime flirter avec l’éternité, / Douleur d’un pays qui s’étouffe dans les méandres de la mauvaise foi et de la corruption ; / […] Passion d’un pays d’artistes, d’écrivains, servis par le violon, l’accordéon, le vin et la ţuica, / Douleur d’un pays qui refuse sa beauté, tant elle est immense ; / Passion d’un pays qui fait naître chaque matin et raconter l’histoire, les histoires. ».

    De ces paradoxes, c’est bien l’amour pour la Roumanie qui sort victorieux. Et l’auteur, en brefs chapitres, en relate les légendes traditionnelles et les histoires parfois bouleversantes, souvent originales ou drôles, en décrit les paysages (urbains, ruraux, montagnards, maritimes…), les monuments, les métiers, la gastronomie, les coutumes… Rien n’échappe aux yeux et aux oreilles tendrement attentifs de Richard Edwards, ni les joies, ni les tristesses, ni les colères, ni l’humour, ni la francophilie obstinée d’une nation et d’un peuple dont les talents, le coeur et l’intelligence surpassent les contradictions et les mensonges.

    Richard Edwards n’aime pas les guides touristiques, et il ne les utilise pas. Il va « de-ci de-là, à l’improviste » ; son itinéraire se construit au gré des circonstances et des occasions, comme ce fut le cas pour Panaït Istrati, sous l’égide duquel se place l’ouvrage (une citation du « Récit de Floarea Codrilor » au milieu de laquelle on peut relever cette phrase : « Il faut connaître le passé et le présent, pour savoir quoi désirer dans l’avenir. »). C’est ainsi, dans les pas du voyageur, que nous visitons presque toutes les régions (l’index des toponymes le prouve), que nous perçons certains de leurs secrets (pas tous, heureusement), que nous entrons dans l’intimité des lieux et des gens, que nous entendons les musiques, goûtons les saveurs, humons les senteurs… L’évocation du présent s’accompagne de plongées dans le passé, conformément aux recommandations d'Istrati (rappels des luttes, des rites, des périodes d’oppression, souvenirs d’Ovide, des Haïdouks « rebelles et fiers de l’être »…). La relation privilégiée de l’auteur avec la Roumanie et ses habitants lui permet de transcender les clichés, le folklore, les on-dit, et de donner une image à la fois réaliste et poétique, probante et séduisante d’un pays dont les mystères ne seront jamais totalement éclaircis. Cela vaut tous les guides. 

    Jean-Pierre Longre

    www.transboreal.fr